Le système scolaire finlandais.

Conférences de Claude Anttila  mi janvier 2008 et 28 avril 2008 à Bruxelles.

 

 

L’enseignement finlandais s’est taillé une solide réputation internationale au cours des dernières années. Dans les enquêtes PISA de 2000, 2003 et 2006, qui mesurent les compétences mathématiques, scientifiques et linguistiques (langue maternelle) des jeunes de 15 ans dans une quarantaine de pays industriels, la Finlande est première. Elle combine une moyenne de résultats élevée et un écart relativement faible entre élèves et entre écoles. Lors des premiers résultats plaçant la Finlande en tête, les autorités finlandaises n’y ont pas cru. Ce n’est qu’à la demande des autres pays et suite à la répétition des résultats remarquables que des analyses comparatives ont été entamées.

 

Historiquement, le pays partait d’une situation où deux réseaux scolaires, l’un publique, l’autre privé et subventionné coexistaient.

 

Les bases de la réforme.

 

Chaque enfant est au centre du système. Tous les enfants doivent être scolarisés, y compris les handicapés physiques. L’école obligatoire commence à 7 ans, mais dans la pratique, presque tous les enfants sont à l’école maternelle à 6 ans. Avant 7 ans les activités sont exclusivement ludique. Il n’est pas permis d’aborder l’écriture ou le calcul à ce stade.

 

Claude Anttila est Française et vit depuis de longues années en Finlande à Helsinki. Après des études commerciales à Lille et des études en anglais, elle a obtenu après deux ans de séjour en Finlande son certificat d’enseignement. Elle devint ensuite enseignante dans le lycée franco-finlandais de Helsinki. Elle a plus de 30 ans d’expérience dans l’éducation d’élèves de 7 à 18 ans et dans la formation d’enseignants. Elle est rattachée au ministère finlandais de l’enseignement, comme spécialiste auprès du département linguistique, plus précisément de l’enseignement en français. Elle connaît parfaitement le système d’enseignement finlandais. Aujourd’hui retraitée, elle explique le système scolaire finlandais à travers le monde pour tenter de réduire un peu la pression des multiples demandes de voyages d’études sur l’administration finlandaise de l’éducation.

 

L’enseignement finlandais avant les années 1970

 

Avant les années 70, la structure de l’enseignement finlandais se présentait comme suit :

 

-         École maternelle non obligatoire et payante (de 2-3 ans à 6 ans). Enseignement fondamental obligatoire et gratuit de 6 ans révolus à 11 ans, avec examen final avant le passage dans l’enseignement secondaire – une partie des classes quittait l’école fondamentale après quatre ans pour déjà se diriger vers l’enseignement secondaire (collège de 5 ans d’études et lycée de 3 ans d’études) – ceux qui ne réussissaient pas l’examen final restaient à l’école fondamentale ou allaient dans une école pour enfants en difficulté d’apprentissage.

-         Enseignement secondaire inférieur facultatif et payant (collège) de 11 à 16 ans, avec examen final

-         Enseignement secondaire supérieur facultatif et payant (lycée) ou enseignement professionnel, de 16 à 19 ans.

-         Écoles séparées de garçons ou de filles ; apparition des premières écoles mixtes

-         Un examen national final (baccalauréat) après la fin du lycée

 

Beaucoup de jeunes sortaient non qualifiés et le taux de chômage des jeunes était élevé. Le système d’enseignement, avec ses examens à répétitions, était très sélectif. Il y avait 30% d’abandon scolaire entre 14 et 17 ans. Un constat initial de carence a été posé en 1968 dans un contexte de grandes difficultés économiques. Il y a eu prise de conscience du monde politique et une réforme fut entamée, basée au départ sur l’exemple suédois qui fonctionnait mieux et réussissait notamment l’intégration des étrangers.

 

La grande réforme de l’enseignement dans les années 1970

 

Au cours de cette grande réforme de l’enseignement, les écoles fondamentales ont été couplées aux collèges pour former une école fondamentale de 9 ans, gratuite et mixte pour tous : obligation scolaire jusque 16 ans, selon le principe d’un droit fondamental à l’enseignement pour tous les enfants, sur tout le territoire finlandais. Cette réforme s’est déroulée en phases, en commençant par le Nord du pays, moins peuplé. Elle fut achevée pour l’ensemble du territoire en 1977.

 

Le droit fondamental à l’enseignement pour tous les enfants, sur tout le territoire finlandais signifie aussi : quel que soit le groupe linguistique (finnois, suédois - 4,5 à 5,5% - ou sami de Laponie) ou le groupe social auquel ils appartiennent. La langue de l’instruction dans les écoles fondamentales finlandaises est le plus souvent le finnois ou le suédois, mais l’usage du sami est un droit pour les enfants « samiphones ». Les enfants allochtones bénéficient d’un programme spécifique comportant une formation dans leur langue maternelle ou familiale, afin de sauvegarder la construction de leur imaginaire.

 

La réforme a pris 10 ans pour être totalement mise en place, mais le système continue à évoluer. Les objectifs détaillés et identiques pour tous sont réévalués tous les dix ans.


 

Objectifs

 

-         Concevoir l’enseignement de telle sorte qu’en principe, tous les enfants puissent suivre: une approche spécialisée au sein de l’école pour soutenir les élèves faibles

-         Diagnostiquer précocement les problèmes d’apprentissage et y remédier, via des équipes multidisciplinaires dans l’école même : psychologue, logopède, assistant scolaire, infirmier, enseignant spécialisé, …

-         Sensibiliser à la détection rapide des problèmes, afin que la prise en charge différenciée soit rapidement installée.

 

Selon les termes du Ministre de l’enseignement en 2006, Antti Kalliomäka :

« Nos priorités sont d’augmenter les compétences et le niveau de formation de la population et d’augmenter la population active ; d’améliorer l’efficacité de l’enseignement et du système éducatif ; de prévenir l’exclusion sociale des enfants et des jeunes et d’élargir les possibilités d’enseignement et de formations pour les adultes. Une attention particulière est accordée à l’internationalisation et à la qualité et l’efficience de l’éducation, de la formation et de la recherche.

Étudier durant toute la vie est une orientation qui guide toutes les décisions stratégiques en matière d’enseignement. Cette vision tend à ce que chacun ait une capacité d’étude suffisante et reçoive les chances de développer ses connaissances et ses capacités. « Chacun » signifie : à tout âge et dans les différents milieux.

 

La finalité dans le développement de l’enseignement fondamental de 9 années, est de garantir à tous les enfants un socle de formation de base solide, indépendamment d’où ils vivent, de la langue qu’ils parlent et de leur statut financier. Deux des réformes les plus importantes pour améliorer le bien-être des enfants et des jeunes ont été le droit à l’école maternelle et le système des activités d’après-midi pour les élèves. »

 

Caractéristiques du nouveau système

 

-         Il y a une continuité dans le tronc commun : en d’autres termes, il n’y a plus qu’une forme d’enseignement : en 2000 l’école maternelle facultative mais fréquentée à 100% à 6 ans a été réalisée totalement, et toute transition entre l’enseignement primaire et le collège a été définitivement supprimée). D’après Claude Anttila une économie a été réalisée par la suppression des divers types d’enseignement.

-         Dans l’environnement très progressiste de la Finlande, les objectifs pédagogiques sont plus importants que les matières ; un équilibre entre le bien-être et les résultats est recherché ; par conséquent il n’y a plus de redoublement, ce qui d’après notre interlocutrice est un facteur supplémentaire de réduction des coûts.

-         Une orientation forte vers l’environnement de l’école : les enseignants dirigent dans chaque école le système, en collaboration avec les parents, les autorités et les acteurs locaux. Le système d’inspection centralisé a été aboli, ce qui constitue également une réduction de coûts.

-         Les écoles privées ( 0,5% du total) ont été progressivement supprimées : toutes les écoles fondamentales sont financées par les autorités locales, sauf 3 qui dépendent de l’autorité centrale.

-         Un enseignement gratuit, qui a comme vocation de base que chacun puisse réussir est posé comme principe. Un enseignement gratuit signifie : le matériel scolaire gratuit, des repas chauds gratuits, le transport gratuit et, depuis deux ans, les excursions et voyages d’études gratuits. Les parents s’organisent pour financer ces excursions et voyages d’études.

-         Une qualité relevée de la formation des enseignants, toujours avec pour objectif principal que tous puissent réussir (voir encadré plus bas).

-         Développement et contrôle continu de la qualité (voir encadré plus bas).

-         Le directeur d’une école est un ancien enseignant. Il ou elle choisit le corps professoral de l’école.

 

 

Élèves dans l’enseignement fondamental en 2005

 

Classes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maternel

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10 (complémentaire)

 

57 986

57 546

59 867

60 941

63 466

65 070

65 238

67 365

66 474

66 545

2 385

 

Total 632 883

Source: statistiques Finlande

 

 

Comment fonctionne le processus d’apprentissage ?

 

-         chaque cours compte 45 minutes suivies de 15 minutes de récréation, mais deux périodes de 45 minutes peuvent être enchaînées suivies de 30 minutes de récréation.

-         pas de cotation chiffrée avant la cinquième année (année du 11ième anniversaire des élèves).

-         chaque élève a ses propres objectifs d’apprentissage et réalise un gain de connaissances par rapport à ces objectifs

-         les surdoués reçoivent des objectifs dans le domaine social, mais un enfant ne peut jamais sauter une année d’études.

-         l’esprit de groupe est un facteur essentiel dans la motivation des élèves. Le slogan est: « tu ne laisses pas tomber tes amis ou amies ». Les enfants travaillent toujours deux par deux ou quatre par quatre.

-         Chaque école dispose d’une assistante sociale qui assure notamment la liaison avec les parents.

-         Chaque commune met un orthophoniste (logopède) à disposition  de ses écoles.

-         L’approche pédagogique consiste principalement à apprendre à apprendre et recourt donc à beaucoup de travail en groupe, avec responsabilisation et une formation à l’autonomie. L’enseignant convient avec chaque enfant des objectifs à atteindre.

-         Une évaluation permanente pour chaque enfant et chaque jeune sur des objectifs définis ensemble, dans un esprit motivant et encourageant. L’objectif majeur est de « promouvoir la volonté d’apprendre – apprendre, pour pouvoir apprendre plus ». Il est typique de constater l’absence de vocabulaire scolaire dans les relations d’enseignement : on ne parle pas « d’élèves » mais « d’enfants », on ne cherche pas trop les fautes, mais plutôt ce que les enfants connaissent bien et comment, sur cette base, ils peuvent faire encore mieux (une approche positive à partir d’un optimisme pédagogique)

-         La notation qui ne commence qu’à partir de 11 ans est fondée sur un système rigoureux normalisé pour l’ensemble du pays. Il s’agit toujours de notes entières entre 4 et 10.


 

Notes
 
10     Excellent
9       Très bien
8       Bien
7       Assez bien
6       Satisfaisant
5       Passable
4       Faible
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion d’une étude ARION


« La pratique de l’évaluation semble donc guidée en Finlande par le souci de ne pénaliser personne et de toujours laisser sa chance à l’élève, en valorisant plutôt ce qui est su que ce qui n’est pas su.

L’évaluation des élèves perd son caractère compétitif et angoissant et peut devenir au contraire pour eux un moyen stimulant et motivant de se situer dans une progression souple et adaptée à leur rythme. »  

Paul Robert

 

Comment traite-t-on les élèves en difficulté scolaire ?

 

-         un diagnostic précoce est posé. À titre d’exemple, 20% de dyslexiques sont diagnostiqués dans la population scolaire, chez nous 2 à 3 % !

-         lorsque c’est possible, l’enseignant lui-même y remédie, après la classe

-         éventuellement un plan de marche est défini dans une approche multidisciplinaire

 

Par exemple, un enseignant spécialisé vient dans la classe et s’assied près de l’élève ; il ou elle observe aussi le comportement didactique de l’enseignant.

Par exemple, des objectifs d’apprentissage adaptés sont attribués en vue d’un mouvement de rattrapage dans des branches définies

En principe l’élève reste dans le courant éducatif principal avec ses condisciples

 

Les dyslexiques, comme les allochtones, bénéficient d’une évaluation différenciée jusqu’au baccalauréat.

 

Comment fonctionne l’autonomie de méthode des écoles et des enseignants ?

 

Les écoles ont une obligation de résultat mais peu de contraintes dans les moyens de les atteindre.

La liberté des écoles :

-         pour le recrutement des enseignants

-         pour l’achat de matériel

-         pour la définition du détail des programmes

 

La liberté des enseignants :

-         ils choisissent l’enseignement qui convient le mieux à leurs élèves

En quoi consiste la formation des enseignants finlandais ?

 

o       Il s’agit d’une formation académique de 5 ans (300 points d’étude ECTS[1]), organisée dans 11 universités, pour les enseignants des classes 1 à 6 de l’école fondamentale. Ces enseignants peuvent aussi travailler dans l’enseignement maternel et dans des activités parascolaires du matin ou de l’après-midi. Ces 5 années de formation sont suivies d’un an de pratique pédagogique.

o       Pour les enseignants généraux des classes 7 à 9 de l’école fondamentale, dans l’enseignement supérieur, dans les branches générales de l’enseignement professionnel et dans l’enseignement pour adultes, la formation comporte au moins 350 points ECTS, en ce compris un enseignement pédagogique avec des stages d’au moins 60 points ECTS.

o       Des spécialisations complémentaires pour des élèves avec des besoins particuliers et pour des assistants de cursus scolaire, sont également possibles. Les enseignants spécialisés pour les élèves aux besoins spécifiques travaillent dans les écoles fondamentales et dans l’enseignement professionnel, les assistants de cursus scolaire travaillent principalement dans les classes 7 à 9 des écoles fondamentales, dans le secondaire supérieur et dans les écoles professionnelles.

o       La formation d’un enseignant polyvalent dure 6 à 8 ans. Objectif : pouvoir mettre immédiatement les élèves qui en ont besoin, sur les voies de remédiation adaptées. Une formation permanente post-scolaire s’inscrit également dans ce cadre. Elle donne droit à un minimum de trois jours de formation complémentaire par an, avec remboursement des frais. Cette formation post-scolaire concerne les assistants de cursus scolaire, le comportement didactique avec des élèves à besoins spécifiques, le développement de plans d’enseignement, la responsabilité pédagogique dans le cadre des médias et du monde virtuel, les mathématiques et les sciences, les langues, le développement de la didactique dans l’enseignement professionnel, l’utilisation des techniques informatiques et de communication dans l’enseignement.

o       Les enseignants de métiers sont formés dans 5 écoles supérieures liées à 29 hautes écoles polytechniques qui ont été progressivement réorganisées et développées au cours des années 90. Leur formation correspond à 60 points ECTS en enseignement, pédagogie des branches pratiques et pratique de l’enseignement. Les enseignants de métiers donnent cours dans l’enseignement professionnel, dans les hautes écoles polytechniques et dans l’enseignement pour adultes.

 


 

Comment se déroule l’amélioration et l’adaptation constante de la qualité ?

 

o       Via des évaluations internes : comparaisons entre classes et entre écoles.

o       Pas d’évaluations externes mais bien des indicateurs de niveau (sondages aux contenus définis)

§         L’objectif pour toute école est le niveau moyen en Finlande

§         On intervient dans les écoles qui restent sous la moyenne, par une analyse des causes possibles, suivie d’une adaptation

§         Les écoles classées au-dessus de la moyenne ne subissent pas d’intervention des autorités.

§         Ces pierres de touche sont systématiquement réorganisées tous les deux ans. Suite aux constatations, des adaptations éventuelles des objectifs peuvent intervenir.

§         Les résultats des écoles par rapport à ces pierres de touche ne sont pas comparés les uns aux autres et encore moins publiés.

§         Les résultats à atteindre par les écoles sont définis en détail. Les écoles et enseignants gardent leur autonomie de méthode pour atteindre ces objectifs.

 

Que se passe-t-il en fin d’obligation scolaire, à 16 ans ?

-         chacun reçoit un certificat avec indication des compétences acquises et pour chaque compétence une note obligatoire, qui varie de 4 à 10

-         un 4 est un échec

-         une dixième année est utilisée si nécessaire pour rattraper les 4 et améliorer les autres notes. 7 est la norme pour pouvoir poursuivre ses études. Un 8 est la note pour être considéré comme bon élève et les critères pour obtenir un 8 sont définis pour chaque branche au niveau national, afin que les élèves puissent être évalués selon la même norme. La dixième année complémentaire est suivie par 3 à 4 % des élèves.

-         Parmi les élèves de 9ième année, 56% passent au lycée l’année suivante, 38% dans l’enseignement professionnel, 2% suivent la 10ième année et 4% ont interrompu (temporairement) leurs études.

-         Après 16 ans il y a une hiérarchie entre les écoles

Par exemple un lycée de haut niveau exige un 9 dans certaines branches pour pouvoir s’inscrire.

-         De gros efforts sont faits pour lutter contre les derniers décrochages au lycée ou dans l’enseignement professionnel : des actions de rattrapage sont possibles par des cours du soir et si nécessaire on réoriente l’élève.


Comment l’enseignement finlandais traite-t-il les enfants immigrés ?

 

-         Le nombre d’immigrants est limité mais augmente graduellement (les derniers chiffres indiquent un passage de 1,7 à 2,3% pour l’ensemble du pays). À Helsinki 1 élève sur 10 est de nationalité étrangère ou a une double nationalité.

-         La première condition pour pouvoir bien étudier est d’apprendre la langue du pays (en l’occurrence l’une des langues). Cela se fait par immersion linguistique assistée. Tout primo-arrivant est totalement pris en charge par la commune durant deux ans (y compris le logement), avec obligation d’apprendre la langue tant pour les enfants que pour les parents.

-         Parallèlement la langue maternelle est renforcée, pour stimuler la formation de la compréhension (essentiellement la langue parlée).

-         Le finnois (ou le suédois) des enfants immigrés est considéré, jusqu’au baccalauréat, comme leur deuxième langue

 

L’enseignement de la religion

 

Les Finlandais sont le plus souvent luthériens ou orthodoxes, mais dès qu’il y a trois enfants d’une autre religion ou non croyants il y a enseignement de cette religion ou de la morale non confessionnelle.

 

Les charges des enseignants et autres caractéristiques.

 

Les enseignants sont chargés de la discipline en permanence, récréation et cantine comprises. En cas d’absence l’enseignant prend immédiatement contact avec les parents, qui ont obligation d’être joignables à tout moment.

Pour les élèves en difficulté, les enseignants ont l’obligation de donner des cours de soutien, qui sont rémunérés.

Ils ont énormément de réunions et de formations continues. Ils gardent leur groupe le plus longtemps possible.

Des instituteurs polyvalents assument l’enseignement au cours des 4 premières années de scolarité, sauf les langues étrangères.

En cas d’incompatibilité entre un enseignant et un enfant il est possible de changer : l’enfant doit être heureux en classe, il est le centre.

La formation comporte des travaux manuels (polytechniques) qui peuvent être poursuivis après l’école. Les écoles disposent d’une salle de musique et une formation musicale est organisée.

Le fait que l’obligation scolaire commence à 7 ans signifie que les tests pisa sont organisés auprès de jeunes qui ont un an de moins de scolarité. Cet âge plus avancé de début de scolarité est l’une des spécificités de l’enseignement finlandais et pourrait jouer un rôle dans ses résultats remarquables.

La lecture est solidement ancrée dans la tradition finlandaise qui faisait obligation de savoir lire pour pouvoir se marier. Les jeunes lisent les journaux.

La télévision sous-titre tous les programmes étrangers plutôt que de les doubler, ce qui constitue un autre incitatif puissant à l’apprentissage de la lecture.

La mixité sociale joue un net rôle d’attraction vers le haut et pas du tout le nivellement par le bas que certains ont pu craindre. Cette mixité est organisée au niveau des quartiers, ce qui constitue probablement la plus grande différence avec la situation belge.

Les devoirs à domicile sont le plus souvent limités à terminer un travail commencé en classe.
Même s’il existe, comme nous l’avons vu des évaluations, il est strictement interdit de classer les écoles ou les élèves.
Chaque enseignant participe à une semaine par an de formation.

 

 
Horaires et autres chiffres

 

Il y a 190 jours d’école par an + un minimum de 3 jours de formation pédagogique.

 

Durée hebdomadaire (il s’agit d’heures de 45 minutes suivies de 15 minutes de récréation) :

 

Classes 1 et 2 : 19 h

Classes 3 et 4 : 23 h

Classes 5 et 6 : 24 h

Classes 7 à 9   : 30 h

 

Les plus petits vont à l’école de 8 à 13 h avec repas à 11 heures.

Les plus grands restent jusque 14 ou 15 h. En Finlande tout le monde termine son travail à 16 heures.

L’après-midi des clubs d’activités diverses fonctionnent à l’école, mais pas mal d’enfants rentrent à la maison en autonomie.

Le nombre d’heures de chaque matière est fixé par décret.

 

Lorsque l’école compte 19 heures par semaine pour les enfants, pour les enseignants la semaine est de 24 heures. En effet tous ont la charge d’une matière spécialisée dans d’autres classes.

 

Le nombre d’enfants par classe est de maximum 24 pour les petites classes, 32 pour les enfants plus âgés. Pour les travaux techniques les classes sont limitées à 16 élèves.

 

Vous trouverez un texte sur le même sujet qui aboutit pratiquement aux mêmes conclusions sous :

http://www.echecscolaire.be/finland_fichiers/sysecfi2.pdf

 

 

 

 

 

 

Hugo Sercu

 

Texte traduit du néerlandais et complété avec les éléments de la conférence du 28 avril 2008 par Jean-Pierre Wauters



[1] ECTS: L’European Credit Transfer System est un système pour attribuer des points d’études à des parties d’études ou d’enseignement. La charge d’études d’une année académique à plein temps donne 60 points ECTS. Un point correspond au travail normal d’un étudiant moyen durant 24 à 30 heures